Plongée au cœur de l’avenir de la naturopathie avec Gladys Dargère (La FÉNA)

À l’heure où les métiers du bien-être connaissent un essor sans précédent, la naturopathie se retrouve souvent au centre de l’attention… et parfois de la confusion.
Qu’est-ce qu’un vrai naturopathe ? Comment s’y retrouver parmi les différentes formations ?

Lors de notre dernier webinaire, nous avons eu le plaisir de recevoir Gladys Dargère, vice-présidente de la FÉNA (Fédération Française de Naturopathie) et directrice de l’école Dargère Univers. Avec passion et authenticité, elle est revenue sur les fondamentaux de cette discipline et a partagé les grands chantiers en cours pour structurer et sécuriser la profession.

Voici ce qu’il faut retenir de cet échange riche en enseignements.

1. Retour aux fondamentaux : Qu’est-ce que la vraie naturopathie ?

Aujourd’hui, la naturopathie est souvent réduite à tort à un simple changement de régime alimentaire ou à l’utilisation de plantes pour soulager un symptôme.
Gladys Dargère met en garde contre cette dérive qu’elle nomme l’« allopathie verte ».

« Si vous allez voir un naturopathe et qu’il vous donne uniquement des plantes pour soigner un symptôme sans s’intéresser au reste, ce n’est pas de la naturopathie. »

La naturopathie est avant tout une philosophie de vie et une approche globale de l’individu. Reconnue par l’OMS comme une médecine traditionnelle ancestrale, elle repose sur la prévention et l’hygiène de vie.

Pour accompagner la personne dans sa globalité (physique, mentale et émotionnelle), le naturopathe s’appuie sur un ensemble de 10 techniques, parmi lesquelles :

  • L’alimentation
  • La phytothérapie (les plantes)
  • La psychologie et la gestion des émotions
  • L’hydrologie
  • L’exercice physique
  • La pneumologie (la respiration)

2. Les 4 piliers incontournables de l’hygiène vitale

Pour être en adéquation avec cette fameuse approche globale, le naturopathe ne se contente pas de regarder l’assiette de son client. Gladys Dargère insiste sur le fait qu’une véritable démarche naturopathique repose sur quatre aspects d’hygiène indissociables :

  • L’hygiène alimentaire : Ce que nous donnons à notre corps physique pour le nourrir en profondeur.
  • L’hygiène émonctoire : La capacité du corps à éliminer ses déchets (le travail sur les filtres naturels de l’organisme).
  • L’hygiène musculaire : L’importance du mouvement pour faire circuler la vitalité.
  • L’hygiène émotionnelle : La gestion du stress, des pensées et du psychisme, un aspect qui prend souvent le dessus lors de périodes complexes.

Si un praticien omet l’un de ces piliers, il risque de passer à côté du métier et de perdre le client, qui ne comprendra plus le véritable sens de cette discipline. Le but n’est pas d’accumuler des connaissances théoriques, mais d’aider le client à expérimenter ce qui lui fait du bien et résonne avec son mode de vie.

3. Le rôle du praticien : Éducateur de santé, pas médecin

Il est crucial de clarifier la place du naturopathe au sein du paysage de la santé et du bien-être. Gladys Dargère le rappelle avec fermeté : le naturopathe n’est pas un médecin et ne pose pas de diagnostic.

  • Son but : Stimuler la force vitale (le vitalisme) pour relancer les capacités d’auto-réparation du corps.
  • Sa méthode : Il ne traite pas un dysfonctionnement ou une maladie, mais il accompagne la personne en réalisant un bilan de vitalité complet. C’est pourquoi une première consultation dure généralement autour de deux heures.
  • Sa posture : Il est un hygiéniste et un éducateur qui aide son client à se reconnecter à lui-même, à son corps et à ses ressentis.

4. Un métier en pleine mutation : Des compétences qui s’élargissent

Webinaire entre Pascal Macquet responsable marketing et partenariats chez Resalib & Gladys Dargère, vice-présidente de la FÉNA (Fédération Française de Naturopathie) et directrice de l'école de naturopathie Eurêka

La demande du grand public ayant fortement évolué (notamment avec la crise du COVID et le besoin de retour à l’essentiel), la posture du naturopathe moderne s’est complexifiée.

Aujourd’hui, il ne suffit plus de maîtriser l’anatomie, la physiologie ou la construction d’une consultation. Les programmes des grandes écoles intègrent désormais des modules indispensables à la réalité du terrain :

  • L’éthique professionnelle et les limites du rôle de thérapeute.
  • Le marketing et la comptabilité pour gérer son activité de manière viable.
  • Le cadre juridique, qui évolue très rapidement et nécessite une mise à jour constante des connaissances et du vocabulaire employé.

Enfin, Gladys Dargère souligne l’importance d’adopter une approche collaborative. Le naturopathe de demain est un professionnel qui a tout intérêt à s’intégrer dans des cabinets pluridisciplinaires afin d’interagir intelligemment avec d’autres professionnels de la santé, dans l’intérêt exclusif du client.

5. Formation et encadrement : Les grands chantiers de la FÉNA

Face à l’explosion des offres de formations, notamment les cursus 100 % en ligne post-COVID, la profession ressent le besoin urgent de se structurer pour protéger à la fois les praticiens et le grand public. La FÉNA œuvre activement dans ce sens.

🎓 Le Bachelor en Naturopathie

Lancé en collaboration avec la FDHF (Fédération des Diététiciens et Hygiénistes de France), ce Bachelor de droit privé apporte une véritable plus-value :

  • Il exige un minimum de 1 800 heures de formation, incluant obligatoirement du présentiel et des cas pratiques.
  • Il possède une valeur européenne, octroyant des crédits ECTS (120 crédits), ce qui facilite la reconnaissance ou l’exercice dans d’autres pays (comme en Belgique).
  • L’objectif à terme est de faire évoluer ce cursus vers 2 100, voire 2 500 heures de formation.

📜 L’élaboration de la norme AFNOR

La FÉNA travaille conjointement avec de nombreuses écoles pour créer une norme AFNOR dédiée à la naturopathie. Ce cadre référentiel commun permettra de définir précisément les exigences de la formation et de l’exercice du métier, garantissant ainsi au public qu’il consulte un professionnel sérieusement formé.

6. Une fédération unie dans sa diversité

L’une des grandes forces de la FÉNA réside dans le respect des différentes sensibilités qui la composent. Bien qu’elles partagent un tronc commun rigoureux, les écoles affiliées (comme Isupnat, ou l’Institut Hildegardien) conservent leur propre « couleur » : certaines ont une approche plus scientifique, d’autres se concentrent davantage sur la psychologie ou la tradition hildegardienne.

C’est cette richesse qui permet à la naturopathie de rester une discipline vivante et humaine.


Les prochains rendez-vous à ne pas manquer :

  • La Journée Mondiale du Bien-être (13 juin) : Une belle occasion pour les praticiens de proposer des ateliers découvertes et de sensibiliser le public.
  • Le Congrès de la Naturopathie : Prévu par la FÉNA pour janvier 2027, cet événement rassemblera les professionnels autour des grandes évolutions du métier.

Vous n’avez pas pu assister au live ? Retrouvez l’intégralité de cet échange passionnant en replay sur notre chaîne YouTube !

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À très bientôt pour un nouveau webinaire inspirant !