Rupture amoureuse : comment l’hypnose ericksonienne aide à se relever

Je me rappelle chaque détail du soir d’avant. On était tous les deux sur le lit, à se dessiner en riant. Le lendemain, une bombe ! Elle m’annonce qu’elle me quitte. Qu’elle a compris que je ne lui correspondais plus, que nous deux, ça ne pouvait pas fonctionner.
Je le dis sans honte : j’ai eu envie de mourir. J’ai pleuré des jours entiers.

Edgar Smadja en consultation d'hypnose

En boucle, je formulais des messages à lui envoyer, j’imaginais des plaidoiries implacables pour sauver notre amour. Et des larmes… des larmes continuelles. Et surtout, je voulais comprendre.
Je scrutais le passé comme on scrute une scène de crime, espérant trouver l’indice qui
expliquerait en quoi j’avais pu faillir.
Autour de moi, les phrases de mes proches se répétaient : « C’était pas une femme pour toi. »
« Il vaut mieux que ça s’arrête maintenant plutôt que ça devienne encore plus compliqué. » « Tu verras, tu vas en rencontrer d’autres. »

On me parlait comme si ma douleur était une parenthèse, alors que pour moi, elle prenait
toute la page. Avec le temps, le souvenir est resté mais il ne blesse plus. Je me suis reconstruit. Pourtant aujourd’hui encore, cette expérience continue de m’accompagner. Elle m’a apporté une empathie profonde pour celles et ceux qui traversent un chagrin d’amour. Je me souviens d’un copain qui nous racontait avoir fait des kilomètres pour se rendre là où habitait son ex, juste pour… « embrasser le capot de sa Mini ».

Tous les autres pouffaient sous cape. Pas moi. Moi, j’étais touché par sa souffrance. Je comprenais. Car, sans le savoir, j’avais déjà compris ce que la recherche confirme aujourd’hui : toutes les histoires d’amour sont différentes… mais les ruptures, elles, se ressemblent.

Mais, au fond… que dit-elle, la recherche ?

Les recherches actuelles montrent qu’une rupture ne suit pas des étapes fixes. Le modèle linéaire du deuil appartient au passé : les émotions ne progressent pas en ligne droite, elles fluctuent.
On parle aujourd’hui de trajectoires émotionnelles. Pour certaines personnes, la douleur est intense au début puis s’apaise progressivement. Pour d’autres, elle revient par vagues, réactivée par un souvenir ou un détail du quotidien. Et chez les profils à attachement anxieux, ces réactions peuvent être plus fortes et plus longues.

Alors, comment s’en sort-on ?

Peu à peu, quelque chose change : un début d’acceptation apparaît, puis une forme de reconstruction se dessine. On retrouve des repères, on respire un peu différemment, on se sent moins déstabilisé. Une forme de stabilité se réinstalle, par petites touches. Cette reconstruction n’a rien de spectaculaire : elle se fait doucement, à travers des moments de clarté, des pensées moins lourdes, une énergie qui revient.

L’hypnose ericksonienne peut-elle vraiment accompagner ce passage ?

L’hypnose ericksonienne n’efface pas une rupture. Elle n’impose rien, ne force rien, ne juge rien.
Elle permet simplement de créer un espace intérieur plus calme, là où tout est devenu trop bruyant, trop tendu, trop chargé. Lors d’une séparation, le corps et le mental réagissent souvent en automatique : ruminations, nuits difficiles, accélération du rythme interne, pensées qui reviennent malgré soi.
L’hypnose vient apaiser ces mécanismes, en douceur, en respectant le rythme de chacun. Elle agit sur plusieurs plans :

  • Apaiser les réponses émotionnelles
    Diminuer l’intensité des vagues émotionnelles, rendre la tempête moins envahissante.
  • Sortir de la boucle des pensées
    Laisser plus d’espace aux pensées, relâcher la pression intérieure, retrouver un peu de souffle.
  • Retrouver ses ressources internes
    Accéder plus facilement à des zones plus stables, plus calmes, déjà présentes mais recouvertes par la douleur.
  • Réinstaller progressivement une cohérence intérieure
    Redonner de la continuité à l’image de soi, aux repères, à la confiance.
  • Avancer à son rythme
    Sans forcer. Sans oublier trop vite. Sans “tourner la page” ; simplement retrouver un peu plus d’élan.

Accepter, se reconstruire, revivre

Revenir d’une rupture n’est pas un acte de volonté. C’est un mouvement intérieur qui se fait progressivement, avec des retours en arrière, des respirations nouvelles, des moments de clarté qui surprennent. Et parfois même, une terrible lucidité comme celle que Proust prête à Swann :
« Dire que j’ai voulu mourir… pour une femme qui n’était pas mon genre. »
L’hypnose ericksonienne accompagne en profondeur ce chemin intérieur sans imposer, sans orienter, sans juger. Elle offre un cadre où la douleur se fait moins lourde, où les pensées trouvent un peu plus d’espace, où l’on retrouve une stabilité que l’on croyait perdue. On ne sort pas d’une rupture comme on sort d’une pièce. On s’en relève petit à petit. Et l’hypnose ericksonienne peut aider à rendre ce passage moins douloureux, plus respirable, plus humain.

Article écrit par Edgar Smadja – Hypnothérapeute, Paris 9