Massage bien-être : poser un cadre clair pour une pratique encore trop méconnue

Pour ce premier webinaire de l’année, Resalib a choisi d’aborder un thème encore rarement traité dans ses rendez-vous : le massage bien-être. À cette occasion, deux représentants de la Fédération Française de Massage Bien-Être (FFMBE) ont apporté un éclairage structurant sur le métier, ses réalités, ses exigences et les enjeux de reconnaissance qui l’entourent. Fabrice Schelsohn, vice-président de la FFMBE, et Alain Granger, trésorier de la fédération, ont partagé une vision réaliste et posée du massage bien-être, loin des amalgames persistants avec l’esthétique ou le soin médical.

Qu’entend-on aujourd’hui par massage bien-être ?

Dès le début du webinaire, un point fondamental est posé : le massage bien-être est une pratique à visée non thérapeutique. Il n’a pas vocation à soigner une pathologie ni à remplacer un acte médical. Son objectif est d’apporter détente, relâchement musculaire, récupération et mieux-être global.

Cette distinction est essentielle, notamment vis-à-vis des kinésithérapeutes, dont le champ d’intervention relève du soin et de la rééducation. Les intervenants insistent sur le fait que le massage bien-être s’inscrit dans une logique complémentaire, souvent liée à la prévention, à l’accompagnement et à la qualité de vie.

Dans certains contextes, notamment auprès de sportifs ou dans des structures de soins, le massage bien-être intervient comme soin de support. Il ne soigne pas, mais apporte du réconfort, du déstress et une meilleure relation au corps, ce qui en fait une pratique de plus en plus recherchée.

Pour revivre ce beau moment d’échange, voici le replay du webinaire :

Exercer le métier de masseur ou masseuse : des réalités multiples

Le webinaire met ensuite en lumière la diversité des modes d’exercice. En France, la majorité des praticiens exercent en tant qu’indépendants. Ils peuvent recevoir en cabinet, se déplacer à domicile, intervenir en entreprise ou collaborer avec d’autres professionnels du bien-être.

Le salariat existe également, bien qu’il reste plus rare. On le retrouve principalement dans les spas, les centres thermaux, les établissements de thalassothérapie ou les hôtels, notamment dans les zones touristiques. Entre ces deux modèles, des formes hybrides se développent : des praticiens indépendants interviennent ponctuellement ou régulièrement au sein de structures déjà constituées.

Les intervenants soulignent que le contexte géographique et économique joue un rôle important. Les régions touristiques, thermales ou littorales offrent davantage d’opportunités salariales ou saisonnières, tandis que d’autres territoires favorisent davantage l’installation en libéral.

Formation : pourquoi la FFMBE a structuré un socle commun ?

Face à cette diversité de pratiques, la question de la formation est centrale. Pendant longtemps, le massage bien-être ne disposait d’aucun cadre officiel en France, ce qui fragilisait la profession. La FFMBE a donc progressivement travaillé à la mise en place d’un référentiel commun, sans uniformiser les approches ni les écoles.

Aujourd’hui, la fédération exige un minimum de 210 heures de formation pour reconnaître un praticien, auxquelles s’ajoutent environ une centaine d’heures de pratique. Cette formation s’organise autour de trois grands blocs : le positionnement professionnel et la construction de l’offre, la conception et la mise en œuvre des séances de massage, et enfin la création, la gestion et le développement de l’activité.

Une large place est accordée à la pratique, car le massage ne peut pas s’apprendre à distance. En revanche, certains modules communs, notamment ceux liés à la culture professionnelle et aux valeurs de la fédération, sont proposés en visioconférence afin de créer une base partagée entre tous les praticiens formés.

Les intervenants rappellent que ces 210 heures constituent un minimum. La professionnalisation passe aussi par la formation continue, l’apprentissage progressif de nouvelles techniques et la montée en compétences sur le long terme.

Pour revivre ce beau moment d’échange, voici le replay du webinaire :

Reconnaissance et crédibilité : ce que permet l’adhésion à la FFMBE

Être reconnu par la FFMBE et bénéficier du label France Massage apporte avant tout de la crédibilité. Cela permet de rassurer les clients, mais aussi de gagner en visibilité grâce à un annuaire dédié et à des outils de communication.

Les intervenants restent toutefois lucides : la reconnaissance nationale ne se construit pas du jour au lendemain. La fédération n’est pas une marque grand public, et son rayonnement dépend aussi des actions locales, de la qualité des pratiques et de la cohérence du discours porté par les professionnels.

L’objectif est clair : structurer la profession pour qu’elle soit identifiée comme un métier à part entière, distinct à la fois de l’esthétique et du soin médical.

Capture d'écran du webinaire avec la FFMBE

Massage, esthétique et kinésithérapie : clarifier sans opposer

Une partie importante du webinaire est consacrée à une confusion encore très répandue : l’assimilation du massage à l’esthétique, ou à l’inverse au soin médical. Les intervenants reconnaissent que les esthéticiens disposent historiquement d’un avantage, avec des diplômes reconnus et des filières bien établies.

Cependant, le marché évolue. Dans les spas haut de gamme et les grands hôtels, la demande pour des praticiens spécifiquement formés au massage est de plus en plus forte. Les clients eux-mêmes font davantage la différence entre un massage esthétique et un massage réalisé par un professionnel dédié.

L’enjeu n’est pas l’opposition, mais la clarification des rôles et des compétences, afin que chaque pratique trouve sa juste place.

FFMBE : une fédération née d’un combat collectif

La FFMBE a été créée il y a une vingtaine d’années, à la suite de contentieux juridiques visant des praticiens en massage. À l’origine, le combat était simple : défendre le droit de se faire masser par qui l’on souhaite.

Depuis, la fédération s’est structurée et regroupe aujourd’hui plus d’un millier d’adhérents, dont plusieurs centaines de professionnels en activité, ainsi qu’une trentaine de centres de formation agréés. Elle fonctionne en grande partie grâce à l’engagement de bénévoles et accompagne les praticiens sur des sujets très concrets : cadre juridique, assurance, installation, développement de l’activité.

Parmi les avancées majeures figurent notamment l’arrêt de la Cour de cassation de juin 2021 reconnaissant l’usage du terme “massage”, la création d’un code de déontologie et l’inscription récente du métier de praticien en massage bien-être dans une fiche métier officielle auprès de France Travail.

Projets en cours : qualité, prévention et reconnaissance institutionnelle

Le webinaire met également en lumière les projets portés par la FFMBE. Parmi eux, la création d’un label qualité AFNOR vise à encadrer les pratiques sans médicaliser le massage. L’objectif est de renforcer la crédibilité de la profession auprès des institutions, des entreprises et, à terme, des mutuelles.

La prévention et la qualité des prestations sont au cœur de ces travaux, avec la volonté de faire reconnaître le massage bien-être comme une pratique utile dans le champ du mieux-être et de la qualité de vie.

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À très bientôt pour un nouveau webinaire inspirant !