Pour aider les futurs praticiens à mieux préparer leur projet, Resalib a organisé un webinaire en compagnie de Juliette Grollimund Depoorter, fondatrice de KerAnanda et créatrice du Toucher-Présence®, et d’Étienne Gobin, directeur de Mains du Monde Formations. Les deux intervenants sont également membres du conseil d’administration de la Fédération Française de Massage Bien-Être (FFMBE).
L’objectif de cette rencontre était de répondre à une question que se posent de nombreux futurs praticiens : comment bien se former en adéquation avec son projet ?
Au cours de ce webinaire, les intervenants ont détaillé les questions à se poser avant de choisir une école, les critères permettant d’évaluer sérieusement une formation au massage bien-être, et les principaux pièges à éviter.

Penser son projet avant de choisir une école
Le choix de l’école doit découler du projet professionnel, et non l’inverse. Trois questions permettent de poser les bases de ce projet avant même de comparer des écoles :
- Temps consacré à l’activité : s’agit-il d’une reconversion à temps plein ou d’un complément d’activité ? Les écoles constatent que ce public est majoritairement féminin, autour de 35 ans, avec une part importante de reconversions. Pour certains, le massage bien-être restera un complément qui permet de trouver un équilibre dans une vie professionnelle déjà installée.
- Modalités d’exercice : masser à domicile, monter un institut, devenir salarié d’une structure existante, ou intervenir en entreprise ou en établissement de soin ne demandent pas les mêmes compétences. Travailler principalement en entreprise oriente vers les techniques de massage assis ou habillé et les techniques localisées (crâne, tête, mains), car la demande y est presque exclusivement de ce type. Exercer en spa, à domicile ou en cabinet oriente plutôt vers le massage à l’huile sur table (californien, suédois, deep tissue), recherché par les clients venant pour une séance individuelle.
- Profil de clientèle et réseau : une personne sportive pourra par exemple s’orienter vers le massage sportif, tandis qu’une infirmière pourra plus naturellement proposer des prestations en EHPAD ou en établissement de soin. La géographie entre aussi en jeu : privilégier une école proche limite les frais de déplacement, tandis qu’être prêt à se déplacer permet d’élargir le choix d’écoles.
Les compétences entrepreneuriales, un sujet essentiel
Créer une activité ne se limite pas à apprendre des techniques de massage. Il faut aussi savoir la gérer au quotidien : comptabilité, communication pour se faire connaître, aspects juridiques, fidélisation de la clientèle. Ce sont des compétences à part entière, qu’il faut soit acquérir, soit déléguer à un prestataire, ce qui implique alors un budget à prévoir.
Cette dimension n’est pas traitée de la même façon par toutes les écoles : certaines proposent une journée de découverte sur le sujet, d’autres un accompagnement plus long. Une naturopathe déjà installée, qui dispose déjà de sa clientèle et de ses outils de gestion, n’a pas les mêmes besoins qu’une personne en reconversion qui découvre cet univers pour la première fois.
Resalib peut accompagner les praticiens sur ces sujets : optimisation du profil praticien, fiche Google, réseaux sociaux, ou gestion de la prise de rendez-vous.
Calculer la faisabilité de son projet
Avant de se lancer, il est nécessaire de vérifier que l’activité envisagée sera rentable. Cela passe par un business plan : étude de la concurrence, estimation des frais engendrés, calcul du besoin de trésorerie pour démarrer, et clarification de ses propres attentes en termes de revenu.
Le coût de la formation fait partie de cette équation : une formation longue et complète a logiquement un coût plus élevé. Pour évaluer la pertinence de son projet, le bon réflexe est de rencontrer un conseiller au sein des écoles visées, ou de profiter des journées portes ouvertes encore organisées par de nombreux établissements.
| Dépenses souvent oubliées au démarrage : – Linge et buanderie – Assurances professionnelles – Médiation – Frais fixes et frais variables liés à l’activité |
Les écoles agréées par la FFMBE proposent par ailleurs des e-learnings dédiés à ces questions de gestion, qui permettent d’identifier au fur et à mesure ces différents postes de dépense.
S’informer en continu sur un secteur en construction
L’histoire légale du massage bien-être en France est récente. Quelques repères pour suivre cette évolution :
| Date | Évolution |
| 26 janvier 2016 | Loi de modernisation de notre système de santé : suppression de toute référence au massage dans la définition légale de la profession de masseur-kinésithérapeute. |
| 29 juin 2021 | La Cour de cassation rejette le pourvoi de l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes : ce dernier ne détient pas l’usage exclusif du terme « massage », sa compétence exclusive restant restreinte aux massages à visée thérapeutique. |
| En cours | La FFMBE travaille à la rédaction d’une norme AFNOR pour le secteur. |
| Publiée | Fiche métier ROME D1222 « Masseur / Masseuse bien-être », publiée par France Travail après plusieurs années de discussions avec la fédération. |
Cette fiche ROME D1222 reste cependant encore peu connue des conseillers France Travail eux-mêmes, ce qui peut conduire certains futurs praticiens à s’orienter par erreur vers d’autres filières, comme l’esthétique.
Suivre l’actualité de ce secteur est donc indispensable avant de se lancer. La FFMBE, qui compte plus de 1 500 adhérents, ainsi que Resalib, publient régulièrement de l’information sur ces évolutions, à suivre via leurs newsletters et réseaux sociaux.
Identifier la technique qu’on aime recevoir

Une question simple permet souvent d’orienter son projet avant même de comparer des écoles : qu’aime-t-on recevoir comme massage ? En formation, chaque élève est à la fois donneur et receveur. Se former à une technique qu’on n’a jamais reçue, et découvrir après plusieurs heures qu’on ne l’apprécie pas, peut rendre la formation difficile à vivre.
C’est aussi en recevant le massage d’un autre élève qu’on comprend le sens des gestes : ce qu’ils apportent, ce qu’ils provoquent dans le corps, qu’ils soient bien exécutés ou encore approximatifs, ce qui reste normal en cours de formation. Identifier ce que l’on aime recevoir constitue un premier critère d’orientation : massage habillé ou dénudé, à l’huile ou sans glisse, comme la relaxation coréenne ou le massage assis.
Comment évaluer une école de massage ?
Le choix est aujourd’hui vaste : plus de 300 écoles de massage bien-être existent en France, contre quatre seulement il y a une trentaine d’années. Plusieurs critères permettent d’évaluer leur sérieux :
- Ancienneté de l’école : depuis combien de temps existe-t-elle, et comment a-t-elle évolué dans le temps ?
- Parcours de l’équipe pédagogique : depuis combien de temps les formateurs pratiquent-ils le massage, depuis combien de temps enseignent-ils, quelles sont leurs spécialités ? Un bon praticien n’est pas nécessairement un bon formateur, et inversement.
- Agrément FFMBE : sur les 300 écoles recensées, une trentaine sont aujourd’hui agréées par la fédération. Ces écoles s’engagent à respecter un code déontologique et un référentiel métier structuré en trois blocs de compétences, dont un bloc consacré aux compétences entrepreneuriales. La commission d’agrément de la FFMBE étudie chaque dossier en détail : structure des programmes, parcours des formateurs, modalités d’évaluation et de validation, conformité au nombre d’heures requis, fixé à un minimum de 300 heures de formation (210 heures de présentiel en salle et 90 heures de pratique supervisée).
- Avis des anciens élèves : notamment via les fiches Google My Business. Se faire masser par un ancien élève d’une école permet aussi de constater comment celui-ci a intégré les techniques apprises dans sa pratique.
Tester avant de s’engager
Avant de se lancer dans une formation longue, à la fois engageante en temps et sur le plan financier, les intervenants recommandent de tester à plus petite échelle. La quasi-totalité des écoles proposent des ateliers d’initiation, en journée, en soirée ou sur un week-end. C’est l’occasion de ressentir si la pédagogie de l’école convient, si les locaux et l’ambiance du groupe correspondent à ce que l’on recherche.
Les journées portes ouvertes restent également un bon moyen de rencontrer les formateurs, tout comme un simple appel téléphonique pour obtenir un rendez-vous avec un conseiller. Sur Resalib, il est par ailleurs possible de filtrer les praticiens par école de formation pour certains partenaires de la FFMBE, ce qui permet d’identifier facilement des anciens élèves à contacter.
Technique souche ou catalogue à la carte
Concevoir son parcours de formation peut prendre différentes formes. Les deux approches répondent à des besoins différents et ne sont pas incompatibles : il est possible de se former d’abord à une technique souche avant de compléter son parcours avec d’autres modules, ou inversement.
| Technique souche | Catalogue à la carte |
| Une technique unique est transmise, déclinée ensuite sur différents supports (table, chaise, sol, habillé, dénudé). | Un large catalogue de techniques est proposé, dans lequel l’apprenant compose son parcours. |
| Oriente vers une approche personnalisée, centrée sur une relation et un savoir-faire propres. | Oriente vers un catalogue varié à proposer à sa future clientèle. |
Les intervenants ont rappelé un point de vigilance partagé par l’ensemble de la profession : le toucher ne s’apprend pas à distance. La visioconférence peut servir de support de révision ou d’apport théorique, mais elle ne permet pas d’apprendre à toucher un corps.
Attention aux promesses irréalistes
Les intervenants ont mis en garde contre certaines offres très attractives présentes sur les réseaux sociaux. Ces offres relèvent davantage du marketing que d’une pédagogie sérieuse.
| Signaux d’alerte à repérer : – Formation entièrement en ligne garantissant un diplôme – Cursus de deux ou trois jours promettant de devenir le meilleur praticien de France – Promesse de générer rapidement des revenus importants |
Aucun métier ne s’apprend en deux ou trois jours. Sur un temps aussi court, on peut éventuellement reproduire un protocole, mais on n’apprend pas à écouter un corps, à en lire les tensions, ni à répondre à un besoin, et encore moins à construire une activité professionnelle. Le fait que seulement une trentaine d’écoles sur plus de 300 soient aujourd’hui agréées par la FFMBE, sur la base d’un référentiel de 300 heures, illustre l’écart qui peut exister entre une formation sérieuse et une offre purement commerciale.
Les bons réflexes avant de se lancer
Pour conclure, les intervenants ont rappelé que de nombreux futurs praticiens arrivent avec l’envie d’exercer ce métier, sans toujours avoir mesuré ce qu’implique le quotidien d’un praticien ou la création d’une entreprise. Choisir une école uniquement parce qu’elle est géographiquement proche, ou très présente sur les réseaux sociaux, n’est pas toujours le bon critère.
| À retenir avant de s’engager : – Bien définir son projet en amont : temps disponible, modalités d’exercice, clientèle visée – Vérifier les agréments et logos affichés par une école – Se renseigner sur le parcours réel des formateurs – Tester par soi-même via des ateliers d’initiation avant un cursus long |
Suivre une formation en massage ne signifie pas exercer comme praticien : c’est l’accompagnement proposé par les écoles sérieuses qui permet de franchir ce cap dans de bonnes conditions.
Pour revivre ce moment d’échange, voici le replay du webinaire :
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À très bientôt pour un nouveau webinaire inspirant !